Désinfection des sondes endocavitaires, quoi de neuf ?

Désinfection des Sondes Endocavitaires, Quoi de Neuf ?

 

Le 26 mars 2019

 

Le Ministère de la Santé a publié ce jour sur son site Internet (onglet soins et maladies - qualité des soins et pratiques) des recommandations sur la prévention du risque infectieux associé aux actes d’échographie endocavitaire.

Lien vers : recommandations ministère santé 26 mars 2019

Ces recommandations sont le fruit d’un travail de synthèse dirigé par le Dr Pierre Parneix, président de la Société Française d’Hygiène Hospitalière, missionné par le ministre de la santé et qui a fédéré différentes sociétés savantes des spécialités concernées (CNSF, CNGOF, SFR, CFEF, AFU, SFG), le CNR des HPV, la DGS, la DGOS, l’ANSM, la SF2H et représentants des usagers.

Ce groupe national a travaillé de septembre 2017 à juin 2018 pour élaborer un guide technique, base d’une instruction ministérielle publiée prochainement pour la mise en place d’une désinfection de niveau intermédiaire (DNI) systématique pour les sondes d’échographie endocavitaire.

 

Ce guide se compose de 9 fiches :

(vous trouverez ce guide dans la rubrique Outils de notre site Internet)

Fiche 1 : risques infectieux liés aux échographies endocavitaires :

Fiche 2 : principes du traitement des sondes :

Fiche 3 : procédés de désinfection semi-automatisés

Fiche 4 : autres procédés de désinfection

Fiche 5 : maitrise du risque infectieux lors de l’acte

Fiche 6 : bon usage du gel d’échographie

Fiche 7 : mesures de prévention pour les professionnels

Fiche 8 : formation des professionnels et indicateurs de suivi

Fiche 9 : information des patients.

 

Ces fiches précisent les situations pour lesquelles une désinfection de niveau intermédiaire est préconisée, soit par des procédés automatisés, soit par des lingettes désinfectantes virucides, décrivent des recommandations sur les procédés de désinfection des sondes. Elles s’appuient sur l’évolution des connaissances scientifiques et sur les innovations techniques disponibles.

 

On remarquera que ces recommandations reprennent en toute logique et largement les grandes lignes de celles de la Société Européenne de Radiologie publiées en 2017 avec :

1) Rappel des règles d’hygiène de base, notamment des mains mais aussi de l’environnement (claviers, manchons de sonde par exemple)

2)Utilisation obligatoire d’une gaine de protection adaptée à la sonde endocavitaire.

3) Gel stérile si contact avec plaie ou muqueuses (et donc tous les examens endocavitaires).
4) Nettoyage de la sonde préalable indispensable à sa désinfection. On ne désinfecte qu’une sonde propre.
5) Désinfection de Niveau Intermédiaire entre chaque patient (DNI). Celle-ci correspond en pratique à la décontamination de haut niveau de la littérature internationale, la France étant la seule à utiliser le terme de décontamination intermédiaire.
6) Formation initiale et continue des professionnels au risque infectieux en échographie.

Le risque infectieux ne se réduit pas à la gestion de la sonde, la maîtrise de la gestuelle et de l’environnement restent primordiaux. Le groupe a ainsi insisté sur les aspects de la formation des praticiens en particulier via l’usage de la simulation.


7) Fiche d’information des patients sur le risque très faible de contamination et sur les procédures utilisées par le praticien pour le limiter.

L'évolution majeure est l'obligation de DNI entre chaque patiente au lieu d'une DNI par jour d'après les recommandations de 2016.

En outre, quel que soit le procédé, il doit impérativement respecter l’environnement médical, le matériel et être sans nocivité vis-à-vis des gamètes (PMA) et être corrélé à l’élaboration de fiches qualité ou de procédures de prévention du risque infectieux et traçabilité des procédures de désinfection et de maintenance des appareils semi automatiques.

!!! Cette démarche fait suite à une enquête par le groupe d’évaluation des pratiques en hygiène hospitalière (GREPHH) sur les pratiques d’hygiène appliquées aux sondes endovaginales qui a révélé une hétérogéneité préocupante dans la qualité des pratiques en termes d’hygiène, de gestuelle autour de l’acte, et de procédures de décontamination usuelles du matériel.

La contamination bactérienne des sondes échographiques peut être significativement plus élevée que la contamination des toilettes publiques et des poteaux de bus selon une publication parue en 2017 dans l’European Journal of Radiology (Sartoretti T. et al.)

Ce sujet n’est pas nouveau !

Le ministère de la santé a saisi à 3 reprises le HCSP (2007, 2008 et 2016). Une instruction ministérielle avait, de plus, rappelé aux professionnels de santé, en 2016, l’importance du respect strict des recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) de 2007 dont l’observance est faible.

Celle-ci imposait : l’utilisation systématique de protections de sonde à usage unique adaptées et une désinfection de niveau intermédiaire en cas de contact direct de la sonde avec des liquides biologiques…Elle indiquait également que la systématisation d’une désinfection de niveau intermédiaire entre chaque patient était de nature à prévenir la transmission des contaminants liés aux liquides biologiques lors des échographies endocavitaires, en limitant en particulier les risques liés à une observance seulement partielle des mesures préconisées par le HCSP dans son avis du 17 octobre 2008.

 

Le ministère de la santé termine sa publication de ce jour en précisant qu’ "Il appartient désormais aux professionnels et établissements de santé de s’approprier ces fiches, de les mettre en œuvre, et d’adapter en conséquence leur politique interne de maîtrise des risques pour garantir le niveau de protection des patients le plus élevé."

 

Comment effectuer une désinfection de niveau intermédiaire pour ma sonde d’échographie ?

Le protocole recommandé fait l'objet de la FICHE 5

  1. trempage : classiquement, il s’agit du trempage de la sonde dans de l’acide peracétique Gigasept® de Schülke par exmple de : procédure longue, imposant un local ventilé répondant à des normes spécifiques, une protection particulière et lourde du personnel, ne permettant pas la désinfection des manchons de sonde.
  2. lingettes désinfectantes : il ne s’agit pas de lingettes à usage non médical, de lingettes de nettoyages ou de désinfection simple, malheureusement fréquemment utilisées selon l’enquête du GREPHH. Elles doivent répondre à de multiples normes de bactéricidie, levuricidie, fongicidie, tuberculocidie, virucidie (décrit dans la fiche 4) comme par exemple les lingettes PREempt RTU®, Echo Clean®ou Tristel®. La procédure de désinfection doit être respectée complètement, en particulier le temps d’application et de frottement. Elles ne permettent pas de traçabilité
  3. dispositifs semi-automatisés : permettent d’obtenir une procédure de désinfection automatique, standardisée, reproductible et traçable. Sur notre territoire, deux techniques efficaces existent : une, française, utilisant les ultraviolets, Chronos de Germitec® et un, australien, utilisant du peroxyde d’hydrogène, Trophon de Nanosonics®.

Dans la mesure où les règles d’hygiène lors de la pratique de l‘échographie doivent bénéficier d’une formation validante qu’elle soit formation initiale ou continue. FORMECHO a d'ores et déjà intégré dans ses programmes le détail de ces recommandations.

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